Fulguro Production

prépare la suite, fulgures aux poings!!!

L’Auteur


Né en 1897 dans une famille d’intellectuels juifs, Evguéni Schwartz ne connut en Union soviétique la célébrité que deux ans avant sa mort en 1958. Il avait fait ses débuts dans le journalisme au début de la guerre civile, mais vite attiré par des formes d’expression moins éphémères, il écrivit des contes que Maxime Gorki remarqua.
Schwartz constitue dans l’histoire littéraire russe et soviétique un phénomène à part. Il est l’introducteur d’un genre qui n’avait pas de racines profondes dans le monde slave : la fable fantastique dont il emprunta l’esprit et la structure aux conteurs scandinaves et germaniques. Nourri d’Andersen, de Chamisso et de Grimm, il restera fidèle, tant dans ses contes qu’au théâtre, aux allégories, aux paraboles chères à ceux-ci.

Ennemi du conformisme qui s’infiltrait partout dans la société soviétique au tournant des années 30 et dont le corollaire allait être bientôt la terreur policière stalinienne, Evguéni
Schwartz crut pouvoir se débarrasser de la censure et des censeurs en se réfugiant dans un monde imaginaire qu’il peupla de créatures fantastiques dont le langage et les préoccupations, bien loin d’endormir la vigilance des censeurs, allait au contraire, la porter à son paroxysme.

Dès sa première pièce, Le Roi nu, tiré du célèbre conte d’Andersen, Evguéni Schwartz s’attire en effet les foudres de la censure. C’est un inconscient, un insolent qui ne voit pas, ou feint de ne pas voir, que sous les traits du roi nu pourraient apparaître ceux de Joseph Staline. Le Roi nu ne sera créé que vingt-trois ans après avoir été écrit. Cette pièce qui était une charge vengeresse contre l’hitlérisme restera près d’un quart de siècle aux enfers.

Georges Soria

No Replies

Feel free to leave a reply using the form below!


Leave a Reply