Shhh – Critique de “la Provence”

C’est un monde froid, bureaucratique, fasciste, où il n’y pas de place pour les sentiments trop violents. On y pénètre à l’aide de courts sketches que nous présentent les comédiens de la compagnie Fulguro Prod./Los Figaros. Ainsi, les disputes sont tarifées par une autorité supérieure, que l’on joint au téléphone et qui installe dans l’appartement le nombre de caméras qu’il faut en fonction de l’intensité de la scène de ménage. Le voyageur qui désire un café n’est pas sûr de l’obtenir auprès de la machine à café intelligente, qui peut être en mesure de lui conseiller… de l’eau vu son niveau de stress! Même pour tomber amoureux, il faut remplir un formulaire et ne peuvent se rencontrer légalement que ceux qui ont le même niveau de vie… La pièce puise ses références dans Orwell (1984), Huxley (Le meilleur des mondes) ou Terry Gillian (Brazil). C’est drôle, loufoque et inquiétant et les [six] comédiens jouent à perfection la partition de ce monde futuriste.
Mais dans sa deuxième partie, le spectacle dérape dans la farce et le propos perd de sa force, malheureusement. On a le sentiment que le postulat de départ d’une société sous contrôle intégral n’est pas respecté. C’est dommage parce que c’était bien parti. Reste que SHHH propose de bons moments qui confinent à l’absurde. A part ça, on n’a pas trop apprécié le coup de pub en pleine pièce, pour un autre spectacle ami qui se joue dans un autre théâtre. On aurait préféré que ça vienne à la fin…
A 22h30 au théâtre des Béliers jusqu’au 31 juillet, 16€/11€, réservations 04 90 82 21 07. Infos sur le site du Off.
Christian GRAVEZ - Publié le jeudi 22 juillet 2010 à 11H56
Une critique à relire ici.
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