Situation internationale


Sommets mondiaux pour le climat
Publié le 5 mars 2012
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La conférence internationale Rio + 20, après Durban


Intervention de Ronan Dantec dans le cadre du débat sur l'état des négociations internationales climatiques et les conclusions de la Conférence de Durban (Mardi 17 janvier 2012)

"A la Conférence de Durban de décembre 2011, les grands émetteurs de CO2 de la planète ne se sont pas entendus sur des réductions d’émissions rapides et des niveaux conformes à la demande des scientifiques.
Ce n’est pas une nouvelle, deux ans après l’échec de Copenhague, le renforcement des engagements des Etats n’était pas sur la table de la négociation de Durban. C’est évidemment préjudiciable, nous savons que des millions de personnes en souffriront concrètement, nous accumulons un retard qui rend bien plus difficile l’objectif final d’une stabilisation du climat aux alentours des plus 2°C, mais aucun observateur sérieux ne pouvait s’attendre à un résultat de ce type à cette conférence.
Je suis donc convaincu que cela ne sert à rien de ressasser cette déception, aussi profonde soit-elle, sinon à conforter la démobilisation des acteurs de terrain et des opinions publiques - dont le scepticisme se nourrit tant déjà des images déprimantes de négociations interminables menées par des délégués épuisés par l’accumulation des nuits blanches. Je suis les négociations climatiques depuis plusieurs années comme porte-parole des réseaux mondiaux de collectivités locales.
Nous n’avons pas de plan B : la négociation multilatérale est la seule voie possible, même si elle est encore aujourd’ hui obstruée par la superposition des intérêts et égoïsmes nationaux.
Aussi, il ne s’agit déjà plus de qualifier Durban d’échec ou de pas significatif. Peu importe. Il s’agit maintenant  de s’investir résolument dans le contexte et le calendrier décidés en Afrique du Sud.
C’est vrai que nous n’avons pas sauvé la planète à Durban mais nous avons maintenant un cadre clair, un calendrier, un chemin acté pour rechercher un accord qui associera tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre. Et ça n’allait pas de soi il y a encore quelques mois !
Des lignes ont bougé à Durban. Incapable de se faire respecter deux ans plus tôt, l’Europe a retrouvé un certain leadership. A ceux qui la croyaient hors-jeu pour cause d’endettement de ses Etats membres, elle a répondu en abandonnant son attitude de bon élève toujours prêt à en faire plus, comme elle l'avait fait à Copenhague avec sa proposition d’un engagement de réduction de ses émissions de 30% en 2020 en échange d’un accord mondial.
Elle a montré les dents et menacé de saborder le Protocole de Kyoto, qu’elle avait pourtant porté à bout de bras. Et cette attitude a payé. Rejointe par les petits Etats insulaires et les pays les moins avancés, elle a rallié à ses propositions près de trois cinquièmes des Etats présents, effaçant Copenhague, où les pays du Sud (le G77) mené par la Chine avaient fait bloc. Interpellée par cette nouvelle coalition, la Chine a semblé hésiter à Durban. Si elle a finalement dit oui, et non sans quelques ambiguïtés, c’est probablement pour éviter de se couper de ses amis du Sud, mais sans doute autant par crainte, tout simplement pourrait-on dire, du changement climatique. La Chine est un pays fragile, très exposé aux conséquences de ce dérèglement, et son niveau d’émissions ne lui permet plus guère de jouer uniquement sur une « responsabilité commune et différenciée », qui remontait aux premiers temps de la révolution industrielle et des canonnières à charbon sur le Yang-Tsé-Kiang. Elle doit agir, elle le sait, et la construction de son propre marché carbone intérieur est une nouvelle importante même s’il restera évidemment à en vérifier l’efficacité. Elle a donc décidé à Durban de se rallier aux demandes européennes, à un horizon 2015 qu’on peut juger lointain et incompatible avec les études du GIEC, mais c’est quand même une perspective et un acquis de cette négociation. L’Inde n’a certes pas facilité la négociation, les oppositions américaines n’ont pas disparu, et je n’oublie évidemment pas l’annonce du Canada de se retirer du Protocole de Kyoto, mais cette nouvelle donne internationale, ces nouvelles coalitions qui se dessinent, rouvrent le jeu pour un accord « légal » en 2015.
La seule question qui nous intéresse aujourd’hui, et je tiens à insister sur ce point, est donc bien de savoir comment réussir cette nouvelle négociation qui sera lancée dans les mois qui viennent. L’erreur de Copenhague a été de penser que l’accord climatique, qui sous-tend de fait les modèles économiques et sociaux du XXIème siècle, pouvait être dégagé des autres régulations, en particulier financières, dont le monde a un besoin absolu. Faute d’une vision claire sur ce que peut être ce point d’équilibre entre anciens et nouveaux pays développés, la négociation climat est restée ballotée au gré des intérêts nationaux. Ils ne disparaitront jamais totalement mais une vision mieux partagée est nécessaire à la réussite de cette négociation. Lier les différentes régulations est la clé. Nous devons y réfléchir collectivement, dépasser les a priori, poser de nouveaux paradigmes autour du rééquilibrage économique inéluctable entre anciens et nouveaux pays développés, sortir de ce monde de spéculation financière et de compétition exacerbée qui s’est montré incapable de générer ses propres régulations. Le défi intellectuel est considérable, nécessite d’amener les experts du climat et de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), les ONG (Organisation Non Gouvernementales et les financiers, à se confronter.
Quatre ans représentent finalement un temps court au vu de cette ambition, et le Sommet Rio+20 de juin 2012 peut être le rendez-vous propice pour engager cette démarche.
Le deuxième enjeu de cette nouvelle phase de négociations est sans aucun doute de développer sans tarder le Fonds vert, principale promesse, à hauteur de 100 milliards de dollars en 2020, des pays développés à Copenhague.

Durban a accouché laborieusement d’un mécanisme de gouvernance. Il faut maintenant le doter financièrement, même si nous sommes nous-mêmes en grande difficulté financière, pour construire une nouvelle confiance mondiale, fondement incontournable de tout accord. Cela doit rester une priorité car elle conditionne l’avenir de la planète.
Une opportunité concrète reste d’ailleurs sur la table de la négociation climatique, celle d’abonder le Fonds vert par une taxation des transactions financières...et, puisqu’une taxation des transactions financières fait toujours partie...du calendrier du  gouvernement, j’espère que vous aurez l’occasion d’ouvrir le débat sur le lien entre ces deux enjeux.
Lier les enjeux est au cœur de la solution face aux différentes crises que nous affrontons aujourd’hui. Débarrassée des lobbyistes de la City de Londres, l’Europe peut être ici terre d’expérimentation et montrer la voie.
Et il y a d’autres raisons d’espérer.
La négociation internationale est un enjeu majeur mais elle n’est pas la totalité de l’action contre le changement climatique et il est essentiel de renforcer les dynamiques concrètes dans les quatre années qui viennent. Les filières des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique se mettent en place et la sortie annoncée du nucléaire dans nombre de pays va doper leur développement. Ce gisement d’emploi doit être soutenu, c’est pour l’Europe l’une des principales opportunités de création massive d’emplois et de sortie de crise.

En savoir plus sur les  CONFERENCES des Nations-Unies... :




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Dette mondiale
Publié le 20 février 2012
Catégories de cet article : Economie, finances internationales

Les limites du traitement keynésien d'une crise structurelle


Quatre ans déjà depuis que les symptômes du premier épisode de la crise du néolibéralisme furent observés au mois d'août 2007. La crise s'exporta des États-Unis vers le monde à l'automne 2008, et la plupart des économies entrèrent alors en récession.
Lorsque la croissance dans les vieux centres, États-Unis et Europe, fit un bref retour après que la production eut atteint son point le plus bas au second semestre de 2009, les commentateurs de tous les médias et cercles académiques, à de rares exceptions près, célébrèrent le retour de la prospérité au terme d'un regrettable épisode. Il fallut, pourtant, constater que la sortie de crise tardait à se consolider. Le discours devint celui de la "rigueur", la tentative de faire peser le poids de la crise sur les épaules de ceux ou celles qui en sont les moins responsables, les classes populaires et moyennes.

Mais, à la fin de l'année 2011, le ton changea brusquement. L'inquiétude tournait à la panique
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Forum(s!) sociaux
Publié le 28 février 2011
Catégories de cet article : Forums sociaux, Situation internationale

Forum social mondial et forum social européen


LE FORUM SOCIAL a eu lieu lieu à Dakar du 6 au 11 février 2011.

Le Forum Social Mondial a aujourd’hui dix ans.
Il a depuis sa première rencontre œuvré au développement d’un processus de recherche mondial et de construction d’alternatives aux politiques néo-libérales.
L’objectif étant, pendant une semaine, de créer un espace de débat démocratique d’idées, d’approfondissement de la réflexion, de formulation de propositions, d’échange d’expériences et d’articulation de mouvements sociaux, réseaux, ONGs et d’autres organisations de la société civile qui s’opposent au néo-libéralisme et à la domination du monde par le capital et par toute forme d’impérialisme.

Le Forum Social Mondial se caractérise également par sa pluralité et par sa diversité. Il n’est ni confessionnel, ni gouvernemental, ni partisan. Il se propose de faciliter l’articulation, décentralisée et en réseau, d’associations et de mouvements engagés, tant au niveau local qu’international, dans des actions concrètes de construction d’un autre monde, sans prétendre pour autant incarner une instance représentative de la société civile mondiale.
L’évènement a revêtu en 2011 une certaine importance, et le choix de Dakar comme ville pour accueillir le forum n’est pas anodin. Aux yeux des organisateurs et de nombreux militants, jamais le système néo-libéral n’a autant causé de dégâts et paradoxalement montré autant de failles. Jamais les inégalités et différences de richesses entre les pays du Nord et du Sud (notamment les pays africains) ne semblent avoir été aussi grande. La crise que traverse le monde aujourd’hui doit interpeller l’ensemble de la communauté internationale, et l’inviter par la réflexion, à s’engouffrer dans les brèches du système.

Le Forum Social Mondial de Dakar s’est ouvert sur un vent de révoltes…
dimanche 6 février 2011, par une marche réunissant plusieurs dizaines de milliers de manifestants. Le souffle des soulèvements populaires en Tunisie, Egypte, Yemen, Algérie, etc… parcourait les cortèges et les slogans, mais aussi les interventions lors de l’acte inaugural de ce Forum Social Mondial qui débute ce lundi à l’Université Cheikh Anta Diop.
Après celui de Nairobi au Nigéria en 2007, il s’agit de la seconde édition du FSM sur le continent africain.

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