Forum mondial de l'eau le 12 mars à Marseille
Les visions antagoniques qui se sont affrontées à Marseille autour des Forums officiel et alternatif de l’eau trouvent leur pendant dans une bataille médiatique qui dessine les lignes de force d’un clivage politique et idéologique plus clair que jamais.
«
Solutions et engagements ont été les maîtres mots de l’édition 2012 , les précédentes ayant posé les diagnostics.
En matière de gouvernance, la déclaration ministérielle du 13 mars 2012, préparée à l’Unesco par 110 états, a consacré le
rôle des autorités locales et régionales, ainsi que le besoin de renforcer leurs capacités pour assumer leurs responsabilités ».
Le texte ne se réfère pas au concept très français de « décentralisation », mais « on va bien dans ce sens, décrypte une source diplomatique. C’est une étape importante. »

Car "les pays dans lesquels l’eau n’est pas bien gérée sont ceux où la compétence n’a pas été confiée aux autorités locales", a jugé l’ancien ministre de l’Environnement, Serge Lepeltier.
Promouvoir ces acteurs contribuera à « faire avancer l’accès aux services essentiels que sont l’eau potable et l’assainissement », a estimé François Lacroix, directeur des programmes du comité d’organisation.
La gestion de l’eau est « avant tout une question de territoire pertinent », a rappellé Guy Fradin, gouverneur du CME.
Le bilan du Forum sera dressé notamment en regard de la solidarité Nord-Sud.
En France,
la loi « Oudin-Santini » de janvier 2005 permet aux services publics locaux ainsi qu’aux agences de l’eau d’affecter à la coopération décentralisée 1% de leurs ressources, soit en gros un centime par mètre cube. C’est peu par rapport à notre confort, c’est beaucoup pour l’espérance de vie de certains », a commenté André Flajolet, député en mission pour le forum.
L’Essonne prône une politique incitative pour le retour en régie
Le conseil général de l'Essonne a voté le 12 mars 2012 un accord préalable pour mettre en place des mesures incitatives en faveur de la gestion publique des services d’eau. Les agglomérations des Lacs de l’Essonne et d’Evry Centre Essonne ont déjà sauté le pas de la régie publique.

On peut espérer que notre intercommunalité
EUROP'ESSONNE franchira le pas dans un proche avenir et permettre de réduire ainsi le coût de l' au dans nos communes et dans notre secteur.
"Il s’agit à ce stade d’une
« délibération-cadre » votée le 12 mars 2012 par l’assemblée départementale de l’Essonne.
Elle fixe néanmoins un objectif clair : la
promotion de la gestion publique des services d’eau dans le département.
« Nous nous donnons maintenant quatre à cinq mois, d’ici l’automne, pour travailler sur les modalités techniques » précise Jérôme Guedj, président (PS) du conseil général de l’Essonne, interrogé par
la Gazette.
Mais il est d’ores et déjà acté que le montant des aides financières et techniques du département seront liés au modèle de gestion, qui devra se rapprocher le plus possible de la gestion publique.
« Parce que faute de prise en main et de contrôle par les acteurs publics,
l’eau est devenue un bien marchand particulièrement rentable pour les grands groupes qui se partagent le marché, notamment en Ile-de-France », fait remarquer, dans un communiqué de presse, Claire Robillard, vice-présidente du conseil général chargée du développement durable et solidaire, de l’environnement et de

l’agriculture.
C’est dans un contexte général de dénonciation des prix de l’eau en Ile-de-France, ravivée par le Forum mondial de l’eau, que le conseil général de l’Essonne s’engage dans cette démarche. Le département s’appuie sur la bataille gagnée par le conseil général des Landes après que le Conseil Constitutionnel a tranché en sa faveur par sa décision du 8 juillet 2011.
Le département des Landes, dirigé par Xavier Emmanuelli, a pu appliquer ses subventions allouées aux syndicats intercommunaux qui passent en régie. « On s’inspire bien évidemment de ce qui s’est fait dans les Landes », indique Jérôme Guedj, qui précise :

« notre situation est toutefois différente : sur 196 communes, une grande partie sont adhérentes au
Sedif (Syndicat des eaux d’Ile-de-France, présidé par André Santini, député-maire UMP d’Issy-les-Moulineaux, qui gère l’eau de 144 communes de la région parisienne-.
Et pour l’instant, seules une vingtaine de communes dans l’Essonne sont passées en régie directe. Il nous faudra donc adopter un
processus incitatif et progressif ».
Une structure de conseil départementale.
Jérôme Guedj peut aussi compter sur un courant politique propice sur son territoire. Après la communauté des lacs de l’Essonne (Viry-Châtillon, Grigny), présidée par Gabriel Amard (porte-parole du Front de Gauche) et fervent partisan de la maitrise publique de la gestion de l’eau, qui est passée en régie directe en juillet 2010, c’est au tour de la
communauté d’
agglomération
Evry-
Centre-
Essonne (
CAECE = Evry, Courcouronnes, Bondoufle, Lisses, Ris-Orangis, Villabé) de franchir le pas.
La
CAECE, dirigée par Manuel Valls, député-maire (PS) d’Evry, confiera la distribution de l’eau à une régie publique à partir du 1er janvier 2013. « Autour de Gabriel Amard, nous mettons en place un groupe d’expert composé d’élus de gauche et de droite, et de personnalités qualifiées. Nous réfléchissons à une structure départementale qui aiderait dans un premier temps les communes à négocier leurs contrats avec les exploitants privés avant de les aider à basculer vers la gestion publique » déclare Jérôme Guedj". (M. Kindermans,19 mars 2012)
Souvenons-nous : les 10 et 11 mars : Fukushima et le Tibet
N’oublions pas Fukushima (11 mars 2011) !
"Chers amis,
Le 11 mars 2011, la catastrophe de Fukushima a rappelé au monde entier que la technologie

nucléaire est mortifère, et que prétendre la contrôler est une illusion. Un an après jour pour jour, une immense chaîne humaine va relier Lyon à Avignon, dans cette vallée du Rhône où quatorze réacteurs nucléaires exposent des millions de gens à un risque intolérable.
Solidaires avec le peuple japonais, des dizaines de milliers de personnes venues de toute la France et d’autres pays européens vont réagir ensemble, pour affirmer haut et fort : "Sortir du nucléaire, c’est possible !"
Je veux saluer la détermination des citoyens à l’origine de cette initiative coordonnée par le Réseau "Sortir du nucléaire". Refusant que la France soit condamnée à subir tôt ou tard un accident nucléaire majeur comme celui qui a frappé le Japon, c’est une véritable "réaction en chaîne humaine" qu’ ils ont lancée.
Aujourd’ hui, je tiens à partager avec vous mon soutien à cette mobilisation, qui est à mes yeux une véritable insurrection démocratique. Je voudrais dire à chacune et chacun d’entre vous : vous aussi, insurgez-vous ; vous aussi, mobilisez-vous pour la sortie du nucléaire !
Ensemble, nous pouvons être suffisamment forts pour résister au lobby nucléaire et pour nous réapproprier la question énergétique. Nous devons refuser que les choix qui nous engagent et qui engagent nos enfants et petits-enfants pour des décennies soient dictés par des industriels qui n’ont que faire des déchets éternels et de la pollution qu’ils laissent aux générations futures.
La France doit sortir du nucléaire, elle doit dire adieu à cette technologie dangereuse. Elle doit sans retard se tourner vers les énergies renouvelables et un usage plus sobre et raisonnable de l’énergie. En un mot, la France doit choisir un avenir énergétique... plus humain ! Nous savons que c’est possible, alors n’attendons pas qu’il soit trop tard.Vous non plus, n’attendez pas... pour la sortie du nucléaire !"
Stéphane Hessel (Ancien résistant et diplomate,Auteur du manifeste "Indignez-vous !")
Un an après, retour à Fukushima, le 11 mars 2011:
Trois catastrophes ont eu lieu. Un séisme, un tsunami et un accident nucléaire. Une seule de ces catastrophes aurait pu être évitée…
La contamination empoisonnera Fukushima pour longtemps.
L’Institut de Radioprotection et de sûreté Nucléaire français (IRSN) a indiqué dans un de ses derniers rapports que la contamination radioactive autour de la centrale nucléaire de Fukushima Diichi a fortement décrue. Mais l’institut la décrit désormais comme “chronique et pérenne”. Chronique car cette contamination radioactive, si elle ne connaît pas de pic

majeur depuis la catastrophe, est désormais inscrite durablement, profondément dans l’environnement de la centrale. Pérenne, car cette radioactivité va durer. Longtemps et en diminuant très lentement…
Les trois réacteurs accidentés ainsi que les explosions d’hydrogène dans les bâtiments de la centrale dans les jours qui ont suivis le 11 mars 2011 ont ainsi libéré de grandes quantités de césium radioactif. Ce césium a une durée de vie longue. Il est considéré qu’il ne sera “inoffensif” qu’au bout de 300 ans. Il reste aujourd’hui 98% de sa radioactivité initiale dans l’environnement, un taux qui sera encore de 81% en 2020.
Au total, sur environ 24 000 km2 du territoire japonais contaminé par le césium 137, seuls 600 km2 dépasseraient aujourd’hui le seuil des 600 000 becquerels par m2, estime l’IRSN. Il existe toutefois des terres contaminées en “taches de léopard” jusqu’à 250 km de distance de la centrale, avec des “points chauds” extrêmement localisés liés à l’accumulation de dépôts radioactifs par les pluies et le ruissellement.
Les indicateurs ont relevé des niveaux très ou trop élevés de radioactivité dans des municipalités de la zone évacuée autour de la centrale. Des lieux qui resteront pour certains définitivement inhabitables.
La centrale accidentée de Fukushima reste fragile.
Si les autorités japonaises ont annoncé que les réacteurs endommagés ont été “stabilisés”, la situation reste en fait préoccupante et le restera encore des mois probablement de nombreuses années.

En effet, le
corium, magma métallique, qui s’est constitué lors de la fusion du cœur reste instable et une réaction de criticité reste possible.
Si des réactions venaient à se produire, des rejets radioactifs importants ne pourraient alors être exclus. De même, les conditions actuelles des piscines de désactivation et d’entreposage des combustibles irradiés continuent de présenter un très grand danger, tant qu’ elles n’auront pas été vidées de leur contenu. L’instabilité physique des installations fragilisées par l’accident pourrait présenter un énorme risque en cas de nouveau tremblement de terre ou de tsunami même de faible amplitude.
Inaction des pouvoirs publics face à la catastrophe
Un document découvert récemment, émanant du ministère Japonais pour l’éducation, la culture, les sciences et les technologies (MEXT), révèle que le ministre de l’époque, Yoshiaki Takaki et d’autres officiels, sont à l’origine de la décision de ne pas diffuser au public l’ampleur des radiations dans les jours qui ont suivis les explosions d’hydrogènes et la réaction en chaîne dans les réacteurs de Fukushima Daiichi. Le mémo en question précise que les données “ne doivent, par aucun moyen, être diffusés au public”.
Pour tirer une leçon de la catastrophe de Fukushima, Greenpeace a commandé un rapport.
Ce rapport, rédigé par trois experts indépendants (un physicien nucléaire, un correspondant pour un magazine sur la santé et un ingénieur nucléaire), explique et démontre comment le Gouvernement, les organes de contrôle et l’industrie nucléaire ont rendu possible la catastrophe de Fukushima Daiichi, puis n’ont pas réussi à protéger la population contre l’impact de la catastrophe.
Ce rapport tire deux conclusions principales
La catastrophe de Fukushima remet en question la crédibilité de l’industrie nucléaire. L’industrie soutient que le risque d’accident nucléaire se limite à 1 fois pour 1 million (ou moins) d’années d’opération d’un réacteur. L’expérience montre toutefois qu’un accident significatif est à prévoir quelque part dans monde à chaque décennie.
L’influence politique exercée par l’industrie nucléaire sur les autorités japonaises de réglementation de la sûreté nucléaire est l’une des causes principales de l’accident à Fukushima.
Au lieu de reconnaître ces risques nucléaires, de nombreux politiques et autorités ont demandé à restaurer la confiance de l’opinion publique en l’énergie nucléaire. Un an après la catastrophe nucléaire, les autorités protègent à nouveau l’industrie nucléaire au lieu de protéger leurs citoyens.
Les stress tests que subissent les réacteurs du monde entier constituent également la preuve que nous n’avons rien appris de nos erreurs. Les réacteurs existants ont automatiquement bien réussi ces tests, justifiant ainsi la poursuite de leur activité. Seule l’Allemagne a décidé de fermer 8 de ses 17 réacteurs pour des raisons de sécurité. Après la catastrophe de Fukushima, aucun autre réacteur ne fut déclaré dangereux ni fermé dans le monde. Mais avec les critères retenus, parions que même Fukushima Daiichi aurait réussi le test !
Silence et contamination … la vie à Fukushima
Un an après avoir été forcés d’abandonner leur domicile à cause de la catastrophe nucléaire de Fukushima, des dizaines de milliers de réfugiés vivent toujours dans l’incertitude du lendemain, sans savoir quand –ou si– ils pourront rentrer chez eux.
Seuls les habitants de la zone des 20 km autour de la centrale ont été évacués. Mais la “zone à risque” elle, est bien plus étendue. La contamination, on l’a vue est pérenne, chronique, et beaucoup plus étendue ! Le quotidien de ces milliers de personnes se résume aujourd’ hui à des questions, des incertitudes. Dans de nombreuses écoles, les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et du césium a été également découvert dans de nombreux aliments.
Beaucoup n’ont pas les moyens de partir et n’ont d’autre choix que de continuer à vivre avec cette contamination invisible.

Des enfants sont toujours contaminés à 220 km de la centrale de Fukushima,montrent les résultats publiés par l’
ACRO, (
Association pour le
contrôle de la
radioactivité de l’
Ouest). Sur les 22 enfants japonais dont l’Acro a analysé les urines, 14 sont encore contaminés au césium 134 et césium 137. Cette persistance montre que la contamination des enfants vient de l’alimentation et non du panache.
Ne restent à Fukushima que le silence et la contamination.Robert Knoth, photograph
Après la publication par Greenpeace France de la carte des zones à risques nucléaires pour l’hexagone, c’est au monde entier que la démarche a été étendue.
Plus de 400 réacteurs sont en activité dans le monde aujourd’hui.
Vous, votre famille, vos amis, habitent probablement à proximité de l’un d’eux. Que ferions-nous face à un accident nucléaire comme Fukushima?
Qui appellerions nous ?
À qui écririons nous ? Qu’ emmènerions nous? Voilà des questions auxquelles nous ne voudrions jamais devoir répondre…
Mais que les habitants de la région de Fukushima ont dû se poser.
10 mars 1959 : Tibet, un combat profondément écologiste
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